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Une superbe sortie de kite à Aylmer

· Denis

Superbe sortie de kite cet après-midi; plage Aylmer vent sud 20+ noeuds. Toujours risqué de prendre congé, les conditions sont rarement idéales, cette fois les prévisions ont tenu et le kite était génial! Au moins une trentaine de kite sur l'eau. Quelqu'un a été moins chanceux et a rencontré un arbre sur son chemin. Heureusement, aucun blessé.
Une superbe sortie de kite à Aylmer — photo 1

Comment résumer trois ans de bonheur!!!

18 septembre 2015 · Denis

"Envie d'ailleurs, de frissons ou de rêves,
la mer répondra immanquablement à tous vos désirs"
- LeFigaro









Saba Rock, BVI
Le 9 septembre 2012, nous étions une famille avide de partir à l'aventure, de prendre le large en voilier, une passion depuis toujours. Nous voulions nous rendre par nos propres moyens là où il fait chaud, loin du travail et de la folie de consommation. La liberté et la mer, voilà! Aujourd'hui trois ans plus tard, nous sommes comblés et fiers d'avoir réalisé notre rêve. Nous avons visité plus de 20 pays, près de 100 îles différentes et plusieurs centaines d'ancrages.  Nous s'y avons vécu intensément chaque moment en famille, un legs inestimable. La richesse de notre voyage se compose de rencontres impromptues, de découvertes, d'émotions... des moments qui marquent à tout jamais nos mémoires.

Blue Haven Resort, Turks & Caicos

Windward, Carriacou
Green Island, Antigua
Voilà déjà plus d'un mois que nous sommes de retour sur la terre ferme. La maison est réinstallée, les enfants ont débuté l'école et nous avons revu famille et amis. Bientôt La Jeannoise à son tour sortira de l'eau, immobile sur son ber jusqu'au printemps prochain. Côté emploi, c'est encore l'incertitude mais les choses reprendront leur place une à la fois. Les projets futurs se dessineront et nous rêverons de nouveau.
Ile Fourchue, St-Bart
St-Pierre, Martinique
Carnaval de Grenade
Trois années à naviguer d'une île à l'autre, à faire des allées et venues en empruntant des chemins différents. C'est un bien beau cadeau que nous nous sommes donnés. Trois années à vivre au rythme des Antilles. Les îles, nos terrains de jeux que nous avons explorés pour en découvrir les recoins cachés et les sites inédits. Tout ce temps n'aura pas été suffisant pour tout faire et tout voir. Mais nous y avons vécu assez longtemps pour s'y sentir un peu chez nous partout.


De plus, il y a une communauté de navigateurs bien présente dans les îles partageant la même passion, heureux d'être là où ils sont. L'entraide et les festivités ne manquent donc pas. Nous revenons le coeur plein de nouveaux amis...





Des amis et des amis ...








Encore et encore des amis ...









Gustavia, St-Bart
Ce mode de vie qui comporte des déplacements continuels nous convient totalement. C'est une vie simple remplie de nouveautés et d'opportunités. Une chance extraordinaire de naviguer dans sa maison au gré de ses désirs. Tout est là! À part l'école qui exige une certaine routine pour en faciliter son exécution, nous n'avons pas d'horaire à respecter. La liberté de prendre le temps, de profiter du moment présent et d'apprécier la vie. N'est-il pas vrai que les moments les plus magiques surviennent lorsqu'on s'y attend le moins.

Union Island, SVG

Pendant ce temps les enfants ont grandi, passant de l'enfance à l'adolescence et grâce au blog, famille et amis ont pu les voir s'épanouir d'une certaine façon. De par leur style de vie et la rencontre de gens de partout à travers le monde s'installe une maturité et une ouverture d'esprit incroyable sur tout ce qui les entoure. La navigation n'a plus de secret pour eux et leur grande capacité d'adaptation saura leur servir dans le futur. La passion du voyage est maintenant intrinsèque. Et les amis rencontrés ont tous une place bien spéciale dans leur coeur. Des amis pour la vie! Des souvenirs extraordinaires!







Capesterre, Marie-Galante
Notre entourage a le désir indiscret de tout savoir de notre aventure dans l'espoir peut-être d'en comprendre la raison ou de confirmer leur intention de faire de même. Avons-nous fait face à des tempêtes, des pirates et autres calamités, nous demande-t-on? Non! Le voyage a été fabuleux, au-delà de nos attentes. L'aventure d'une vie qu'il faut saisir à pleines mains. Les premiers mois sont exigeants et intenses car tout est nouveauté et incertitude puis l'expérience apporte la quiétude et fait place à la découverte, au plaisir du moment. Et nous avons à bord le meilleur capitaine qui soit. Denis a su nous inspirer cette folie du départ et ses nombreuses qualités dont celui de navigateur a fait en sorte que l'aventure n'a été que du bonheur! Il vous dirait sans doute que dame chance a sûrement mis son grain de sel sur notre chemin.

Course de Yoles, Ste-Anne, Martinique
Iles des Saintes en background
La promiscuité d'un voilier intrigue plusieurs. Il est vrai qu'un bateau semble petit lorsqu'on envisage que son intérieur. Mais dans les faits, nous passons presque tout notre temps à l'extérieur. Notre cour arrière est immense et peu importe où nous sommes ancrés, on y retrouve l'horizon. Le bleu de la mer se mêle au bleu du ciel. Les couchées de soleil font partie de notre quotidien et les milliers de constellations d'étoiles nous souhaitent bonne nuit beaux rêves. Spectaculaires sont les soirs de pleine lune. Nous dormons à la belle étoile, surtout Tristan qui je crois a dormi plus souvent dans le cockpit que dans son lit. Vivre 24 heures sur 24, 7 jours sur 7 dans un voilier demande de la bonne volonté et les liens tissés ne peuvent faire autrement que d'être tricotés serrés.



Petit St-Vincent, SVG
On nous demande souvent quelle est notre île préférée. Pas faciles de choisir, impossible en fait, elles ont toutes leurs particularités, un moment magique. Nos coups de coeur sont nombreux et varient selon le membre d'équipage. Pour ma part je n'oublierai jamais nos rencontres intimes avec les dauphins, baleines et raies mantas. Il n'y a pas de mots assez forts pour décrire ce qu'on ressent d'être si près de ses animaux marins à presque les toucher, en harmonie dans leur milieu naturel. Qui observe qui?

Fort-de-France, Martinique
Montagne Pelée, Martinique
Notre randonnée du Boiling Lake et de la vallée de la désolation en Dominique gagne la médaille d'or. Avec ses panoramas vierges à perte de vue où abonde la nature, ses cascades d'eau et ses paysages désertiques et tellement irréels, nous passons par toute une gamme d'émotions.

Cocoa Point, Barbuda
Les plages de rêve sont nombreuses dans les Caraïbes. C'est l'île de Conception Island, Bahamas qui regroupe le plus d'attraits: plages, falaises, récifs, lagon intérieur, couleur de l'eau et si on a la chance d'y être seul c'est un coup de coeur assuré. Barbuda est également incroyable.

Barbuda
Club Med Beach, Eleuthera, Bahamas
Pomato Pt, Anegada, BVI
Le kitesurfing est devenu pour nous une nouvelle passion qui a souvent dicté nos déplacements. Les Grenadines sont magnifiques pour ce sport avec Union Island, Petit St-Vincent et Tobago Cays. Green Island à Antigua et les îles de la Madeleine au Canada sont d'autres sites fabuleux à ne pas manquer pour les amateurs du sport.

Ensenada Dakiti, Culebra, Puerto Rico

Calivigny Is, Grenade
Molinière Pt, Grenade
L'apnée a été une activité de tous les jours. Tobago a de nombreux sites extraordinaires qui en vaut le détour, le parc des sculptures sous-marines à Grenade est à voir absolument pour son originalité et les Bahamas, un endroit de rêve pour la pêche au harpon comme à la ligne.

Shroud Cay, Bahamas


Tobago Cays, SVG
La couleur de l'eau nous interpelle à l'unanimité. Ses innombrables nuances de bleu et sa transparence apportent un bien-être incomparable. En ajoutant le facteur chaleur, c'est le paradis. La lumière est tellement présente, les couleurs éclatantes. Les rituels et la beauté de la nature fascinent, jour après jour. Pas étonnant que ma passion pour la photographie n'ait fait qu'augmenter.

Salt Whistle Bay, Mayreau, SVG
Tobago Cays, SVG

En pleine mer, c'est la réflexion, on se perd dans ses pensées, l'infiniment petit devant si grand. Nous chevauchons littéralement chaque vague et les mouvements tantôt fluides tantôt bouillonnants de l'eau nous hypnotisent.











On jette un coup d'oeil furtif aux lignes qui trainent dans le sillon du bateau et on espère du gros poisson. C'est l'excitation à chaque prise. Qu'est-ce que c'est? Est-il gros? Attention de ne pas le perdre? Il n'est pas encore monté à bord qu'on pense Sushi et Sashimi!






Nous avons eu la chance d'observer la grande diversité de la faune sous-marine telles que tortues, dauphins, raies ainsi qu'une panoplie de poissons de tous genres.














De cette belle aventure, nous garderons notre passion de la voile et du voyage intacte. Nous en avons profité au maximum. Tous ces beaux souvenirs nous remplissent la tête et le coeur à jamais. Au fil des mois à venir, nous découvrirons à quel point ce voyage a modifié nos valeurs, nos références et nos projets à venir. Une chose est sûre nous retournerons vivre sur l'océan un jour. Ce n'est que partie remise.




Votre intérêt à notre aventure et vos commentaires pendant ces trois années nous ont fait chaud au coeur maintes et maintes fois. Nous vous en remercions infiniment et espérons vous avoir fait voyager à travers nos photos et propos.

A la bonne vôtre, santé à tous et à toutes, et à la prochaine!!!

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La Navigation sur le Golfe, l'Estuaire et le Fleuve St-Laurent

21 août 2015 · Denis

Nous sommes de retour à la maison, la vraie maison, celle avec des murs, des meubles, l'eau courante et toutes nos choses. Ça fait presque deux semaines et on commence à se sentir un peu installé après un blitz de nettoyage et d'emménagement. Nous écrirons un dernier blog dans les semaines qui suivent, une conclusion de cette grande aventure. Pour l'instant, je voulais publier le texte qui suit, un sommaire un peu plus technique sur la navigation dans les eaux du Saint-Laurent que j'ai écrit lentement tout au long de ces navigations.

Cette zone de navigation a la réputation d'être l'une des plus difficiles au monde. Peut-être vrai, comme partout ailleurs, pour naviguer de façon sécuritaire il faut en connaître les particularités, avoir de bonnes informations météo et se préparer adéquatement ainsi que le bateau.

Dans les mers du sud, il suffisait à peu près de s'informer de la force du vent et la hauteur des vagues et selon ses préférences, s'élancer sans trop de préparation avec un vent dont la direction ne changeait pratiquement jamais.

Au nord dans le Saint-Laurent, un tas d'autres considérations viennent brouiller les cartes: le froid, le brouillard, les courants forts, les grandes marées, les vents changeants et instables, la navigation dans les canaux des navires commerciaux, les points d'ancrage très rares et les grandes distances souvent entre les points d'arrêt possibles. Il y a bien sûr quelques points positifs dont les longues journées avec une durée d'ensoleillement de 18 heures et plus; et de pouvoir profiter de courants aidants dans certains cas.

La remontée du fleuve est particulièrement délicate. Un navire qui descent le fleuve profite beaucoup plus de courants aidants et a généralement le vent dans les voiles puisque les vents dominants sont du sud-ouest. À l'inverse, un navire remontant le fleuve doit se battre contre ces éléments et choisir ses passages très minutieusement s'il veut avancer efficacement.

Dans notre cas, le courant a été définitivement l'élément le plus important. Un voilier qui peut avancer à 6 ou 7 noeuds dans de bonnes conditions ne peut ignorer certains passages critiques carrément infranchissables par courant inverse maximum. L'embouchure du Saguenay et les régions de Québec et Trois-Rivières sont particulièrement critiques. Heureusement, les cycles de marée procurent une inversion de courant qui permet de passer. Il suffit donc de bien synchroniser son passage en fonction des changements de courants. Facile à dire, pas toujours aussi facile à réaliser. Les autres facteurs doivent aussi coopérer mais en plus l'info sur les marées et courants doit être trouvée, comprise, analysée et traduite en un plan de navigation. J'ai trouvé deux sources qui ont été une mine d'or à cet égard.

"ogsl.ca/ocean"
En premier lieu, le "guide du tourisme nautique 2015", un petit livret distribué dans les marinas et disponible gratuitement. Il n'a l'air de rien mais c'est un guide de navigation complet sur tous les cours d'eau importants du Québec et en plus il fournit tous les trucs de base pour savoir quand et comment passer ces fameuses zones de courant fort. Je suis tombé sur le dernier exemplaire disponible à la marina de Rivière au Renard en Gaspésie sans le connaître et sans savoir quelle utilité il aurait mais cet heureux hasard m'a été d'un grand secours à mesure qu'on avançait. Il y a aussi le site "ogsl.ca/ocean" qui donne une prévision de 1 à 2 jours d'avance des courants du fleuve et du golfe, de Trois-Rivières à Terre-Neuve, de façon interactive et graphique sur une carte. Priceless! Cette information visuelle et facile à comprendre permettait de corroborer les autres infos de marée et celles du guide.

Un exemple, l'entrée dans le fjord du Saguenay. Le courant du fleuve à l'embouchure du Saguenay dépasse régulièrement 4 à 5 noeuds tandis que le jusant (courant de marée descendante) de la rivière Saguenay atteint jusqu'à 7 noeuds. De plus, cette zone de rencontre des deux cours d'eau crée de grandes turbulences et des vagues dangereuses surtout par vent inverse au courant. Il est donc fort avantageux, sinon essentiel, de synchroniser son arrivée ou départ avec le bon changement de marée en fonction de notre destination à cette croisée des chemins. Pas toujours facile d'optimiser cette synchronisation lorsque les ports précédents ou suivants sont situés à une journée complète de navigation et qu'il faut aussi considérer les courants changeants tout au long de cette même navigation. Tout se passe quand même très bien pour nous malgré une arrivée au Saguenay dans un brouillard épais.

Parlant brouillard, c'est pour nous l'autre grande nouveauté. Plus simple cependant, ce n'est pas si différent que de naviguer de nuit et donc le radar et le système AIS sont les outils qui nous permettent de gérer ce phénomène. Et nous avons été relativement chanceux comptant seulement 3 ou 4 navigations avec brouillard et ce même en considérant toute la côte de la Nouvelle-Ecosse, réputée pour être toujours sous le brouillard!

Pour compléter à propos du courant, une fois à Trois-Rivières et plus haut, il n'y a plus d'effets de marée et d'inversion de courant. Il ne reste que le débit naturel du fleuve toujours présent et qu'il faut inévitablement combattre en remontant. C'est un courant qui diminue notre vitesse de 1 à 3 noeuds selon les zones en fonction principalement de la largeur du cours d'eau. On doit vivre avec et accepter de progresser lentement. Tous les environs de Montréal en particulier offrent de forts courants. Cependant nous sommes revenus dans la chaleur et dans la navigation facile et confortable d'une rivière, similaire à l'intracostale aux Etats-Unis avec en moins le souci du manque de profondeur et de la hauteur des ponts puisque nous sommes tout de même toujours dans le chenal des navires de commerce.

Côté température, il a fait froid, très froid! Depuis le nord de la côte est américaine jusqu'à Québec environ, la température de l'eau oscille entre 5 et disons 13 degrés Celsius. La sécurité et l'idée de ne pas tomber à l'eau est encore plus primordiale. C'est une question de vie ou de mort. Il faut donc le bon équipement et ne prendre aucun risque, ce que l'on fait. Il reste donc l'impact du point de vue confort. Même par une belle journée ensoleillée, l'air du large toujours refroidie par cette eau froide nous force aux vêtements longs et chauds. Par temps couvert et pluvieux, c'est encore pire. Avec un système de chauffage à bord et des vêtements appropriés pour naviguer, nous n'avons pas souffert du froid et avons réussi à bien apprécier toute cette belle grande zone de navigation. Petit inconvénient additionnel, la condensation à l'intérieur du bateau qui nous a forcé à éliminer quelques zones de rangement dans les cales par exemple.

Dernier élément à considérer pour ceux, comme nous, qui dépassent Montréal sur la voie maritime: les écluses.  Les navires marchands ont priorité, ce qui fait que selon l'achalandage, on peut devoir attendre pour passer ces mastodontes qui nous soulèvent de 45 pieds dans certains cas. Il y a beaucoup d'informations sur les pages web de la voie maritime, à consulter absolument pour connaître les procédures, coûts, horaires, etc.

Somme toute, le Saint-Laurent aura été le point d'exclamation final de notre aventure, une superbe conclusion qui a conservé et amplifié cet esprit de découverte et d'aventure jusqu'aux derniers moments.

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