Navigation côtière et interîles
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Nous sommes de retour à la maison, la vraie maison, celle avec des murs, des meubles, l'eau courante et toutes nos choses. Ça fait presque deux semaines et on commence à se sentir un peu installé après un blitz de nettoyage et d'emménagement. Nous écrirons un dernier blog dans les semaines qui suivent, une conclusion de cette grande aventure. Pour l'instant, je voulais publier le texte qui suit, un sommaire un peu plus technique sur la navigation dans les eaux du Saint-Laurent que j'ai écrit lentement tout au long de ces navigations.
Cette zone de navigation a la réputation d'être l'une des plus difficiles au monde. Peut-être vrai, comme partout ailleurs, pour naviguer de façon sécuritaire il faut en connaître les particularités, avoir de bonnes informations météo et se préparer adéquatement ainsi que le bateau.
Dans les mers du sud, il suffisait à peu près de s'informer de la force du vent et la hauteur des vagues et selon ses préférences, s'élancer sans trop de préparation avec un vent dont la direction ne changeait pratiquement jamais.
Au nord dans le Saint-Laurent, un tas d'autres considérations viennent brouiller les cartes: le froid, le brouillard, les courants forts, les grandes marées, les vents changeants et instables, la navigation dans les canaux des navires commerciaux, les points d'ancrage très rares et les grandes distances souvent entre les points d'arrêt possibles. Il y a bien sûr quelques points positifs dont les longues journées avec une durée d'ensoleillement de 18 heures et plus; et de pouvoir profiter de courants aidants dans certains cas.
La remontée du fleuve est particulièrement délicate. Un navire qui descent le fleuve profite beaucoup plus de courants aidants et a généralement le vent dans les voiles puisque les vents dominants sont du sud-ouest. À l'inverse, un navire remontant le fleuve doit se battre contre ces éléments et choisir ses passages très minutieusement s'il veut avancer efficacement.
Dans notre cas, le courant a été définitivement l'élément le plus important. Un voilier qui peut avancer à 6 ou 7 noeuds dans de bonnes conditions ne peut ignorer certains passages critiques carrément infranchissables par courant inverse maximum. L'embouchure du Saguenay et les régions de Québec et Trois-Rivières sont particulièrement critiques. Heureusement, les cycles de marée procurent une inversion de courant qui permet de passer. Il suffit donc de bien synchroniser son passage en fonction des changements de courants. Facile à dire, pas toujours aussi facile à réaliser. Les autres facteurs doivent aussi coopérer mais en plus l'info sur les marées et courants doit être trouvée, comprise, analysée et traduite en un plan de navigation. J'ai trouvé deux sources qui ont été une mine d'or à cet égard.
En premier lieu, le "guide du tourisme nautique 2015", un petit livret distribué dans les marinas et disponible gratuitement. Il n'a l'air de rien mais c'est un guide de navigation complet sur tous les cours d'eau importants du Québec et en plus il fournit tous les trucs de base pour savoir quand et comment passer ces fameuses zones de courant fort. Je suis tombé sur le dernier exemplaire disponible à la marina de Rivière au Renard en Gaspésie sans le connaître et sans savoir quelle utilité il aurait mais cet heureux hasard m'a été d'un grand secours à mesure qu'on avançait. Il y a aussi le site "ogsl.ca/ocean" qui donne une prévision de 1 à 2 jours d'avance des courants du fleuve et du golfe, de Trois-Rivières à Terre-Neuve, de façon interactive et graphique sur une carte. Priceless! Cette information visuelle et facile à comprendre permettait de corroborer les autres infos de marée et celles du guide.
Un exemple, l'entrée dans le fjord du Saguenay. Le courant du fleuve à l'embouchure du Saguenay dépasse régulièrement 4 à 5 noeuds tandis que le jusant (courant de marée descendante) de la rivière Saguenay atteint jusqu'à 7 noeuds. De plus, cette zone de rencontre des deux cours d'eau crée de grandes turbulences et des vagues dangereuses surtout par vent inverse au courant. Il est donc fort avantageux, sinon essentiel, de synchroniser son arrivée ou départ avec le bon changement de marée en fonction de notre destination à cette croisée des chemins. Pas toujours facile d'optimiser cette synchronisation lorsque les ports précédents ou suivants sont situés à une journée complète de navigation et qu'il faut aussi considérer les courants changeants tout au long de cette même navigation. Tout se passe quand même très bien pour nous malgré une arrivée au Saguenay dans un brouillard épais.
Parlant brouillard, c'est pour nous l'autre grande nouveauté. Plus simple cependant, ce n'est pas si différent que de naviguer de nuit et donc le radar et le système AIS sont les outils qui nous permettent de gérer ce phénomène. Et nous avons été relativement chanceux comptant seulement 3 ou 4 navigations avec brouillard et ce même en considérant toute la côte de la Nouvelle-Ecosse, réputée pour être toujours sous le brouillard!
Pour compléter à propos du courant, une fois à Trois-Rivières et plus haut, il n'y a plus d'effets de marée et d'inversion de courant. Il ne reste que le débit naturel du fleuve toujours présent et qu'il faut inévitablement combattre en remontant. C'est un courant qui diminue notre vitesse de 1 à 3 noeuds selon les zones en fonction principalement de la largeur du cours d'eau. On doit vivre avec et accepter de progresser lentement. Tous les environs de Montréal en particulier offrent de forts courants. Cependant nous sommes revenus dans la chaleur et dans la navigation facile et confortable d'une rivière, similaire à l'intracostale aux Etats-Unis avec en moins le souci du manque de profondeur et de la hauteur des ponts puisque nous sommes tout de même toujours dans le chenal des navires de commerce.
Côté température, il a fait froid, très froid! Depuis le nord de la côte est américaine jusqu'à Québec environ, la température de l'eau oscille entre 5 et disons 13 degrés Celsius. La sécurité et l'idée de ne pas tomber à l'eau est encore plus primordiale. C'est une question de vie ou de mort. Il faut donc le bon équipement et ne prendre aucun risque, ce que l'on fait. Il reste donc l'impact du point de vue confort. Même par une belle journée ensoleillée, l'air du large toujours refroidie par cette eau froide nous force aux vêtements longs et chauds. Par temps couvert et pluvieux, c'est encore pire. Avec un système de chauffage à bord et des vêtements appropriés pour naviguer, nous n'avons pas souffert du froid et avons réussi à bien apprécier toute cette belle grande zone de navigation. Petit inconvénient additionnel, la condensation à l'intérieur du bateau qui nous a forcé à éliminer quelques zones de rangement dans les cales par exemple.

Dernier élément à considérer pour ceux, comme nous, qui dépassent Montréal sur la voie maritime: les écluses. Les navires marchands ont priorité, ce qui fait que selon l'achalandage, on peut devoir attendre pour passer ces mastodontes qui nous soulèvent de 45 pieds dans certains cas. Il y a beaucoup d'informations sur les pages web de la voie maritime, à consulter absolument pour connaître les procédures, coûts, horaires, etc.
Somme toute, le Saint-Laurent aura été le point d'exclamation final de notre aventure, une superbe conclusion qui a conservé et amplifié cet esprit de découverte et d'aventure jusqu'aux derniers moments.
Cette zone de navigation a la réputation d'être l'une des plus difficiles au monde. Peut-être vrai, comme partout ailleurs, pour naviguer de façon sécuritaire il faut en connaître les particularités, avoir de bonnes informations météo et se préparer adéquatement ainsi que le bateau.
Dans les mers du sud, il suffisait à peu près de s'informer de la force du vent et la hauteur des vagues et selon ses préférences, s'élancer sans trop de préparation avec un vent dont la direction ne changeait pratiquement jamais.
Au nord dans le Saint-Laurent, un tas d'autres considérations viennent brouiller les cartes: le froid, le brouillard, les courants forts, les grandes marées, les vents changeants et instables, la navigation dans les canaux des navires commerciaux, les points d'ancrage très rares et les grandes distances souvent entre les points d'arrêt possibles. Il y a bien sûr quelques points positifs dont les longues journées avec une durée d'ensoleillement de 18 heures et plus; et de pouvoir profiter de courants aidants dans certains cas.
La remontée du fleuve est particulièrement délicate. Un navire qui descent le fleuve profite beaucoup plus de courants aidants et a généralement le vent dans les voiles puisque les vents dominants sont du sud-ouest. À l'inverse, un navire remontant le fleuve doit se battre contre ces éléments et choisir ses passages très minutieusement s'il veut avancer efficacement.
Dans notre cas, le courant a été définitivement l'élément le plus important. Un voilier qui peut avancer à 6 ou 7 noeuds dans de bonnes conditions ne peut ignorer certains passages critiques carrément infranchissables par courant inverse maximum. L'embouchure du Saguenay et les régions de Québec et Trois-Rivières sont particulièrement critiques. Heureusement, les cycles de marée procurent une inversion de courant qui permet de passer. Il suffit donc de bien synchroniser son passage en fonction des changements de courants. Facile à dire, pas toujours aussi facile à réaliser. Les autres facteurs doivent aussi coopérer mais en plus l'info sur les marées et courants doit être trouvée, comprise, analysée et traduite en un plan de navigation. J'ai trouvé deux sources qui ont été une mine d'or à cet égard.![]() |
| "ogsl.ca/ocean" |
Un exemple, l'entrée dans le fjord du Saguenay. Le courant du fleuve à l'embouchure du Saguenay dépasse régulièrement 4 à 5 noeuds tandis que le jusant (courant de marée descendante) de la rivière Saguenay atteint jusqu'à 7 noeuds. De plus, cette zone de rencontre des deux cours d'eau crée de grandes turbulences et des vagues dangereuses surtout par vent inverse au courant. Il est donc fort avantageux, sinon essentiel, de synchroniser son arrivée ou départ avec le bon changement de marée en fonction de notre destination à cette croisée des chemins. Pas toujours facile d'optimiser cette synchronisation lorsque les ports précédents ou suivants sont situés à une journée complète de navigation et qu'il faut aussi considérer les courants changeants tout au long de cette même navigation. Tout se passe quand même très bien pour nous malgré une arrivée au Saguenay dans un brouillard épais.
Parlant brouillard, c'est pour nous l'autre grande nouveauté. Plus simple cependant, ce n'est pas si différent que de naviguer de nuit et donc le radar et le système AIS sont les outils qui nous permettent de gérer ce phénomène. Et nous avons été relativement chanceux comptant seulement 3 ou 4 navigations avec brouillard et ce même en considérant toute la côte de la Nouvelle-Ecosse, réputée pour être toujours sous le brouillard!
Pour compléter à propos du courant, une fois à Trois-Rivières et plus haut, il n'y a plus d'effets de marée et d'inversion de courant. Il ne reste que le débit naturel du fleuve toujours présent et qu'il faut inévitablement combattre en remontant. C'est un courant qui diminue notre vitesse de 1 à 3 noeuds selon les zones en fonction principalement de la largeur du cours d'eau. On doit vivre avec et accepter de progresser lentement. Tous les environs de Montréal en particulier offrent de forts courants. Cependant nous sommes revenus dans la chaleur et dans la navigation facile et confortable d'une rivière, similaire à l'intracostale aux Etats-Unis avec en moins le souci du manque de profondeur et de la hauteur des ponts puisque nous sommes tout de même toujours dans le chenal des navires de commerce.
Côté température, il a fait froid, très froid! Depuis le nord de la côte est américaine jusqu'à Québec environ, la température de l'eau oscille entre 5 et disons 13 degrés Celsius. La sécurité et l'idée de ne pas tomber à l'eau est encore plus primordiale. C'est une question de vie ou de mort. Il faut donc le bon équipement et ne prendre aucun risque, ce que l'on fait. Il reste donc l'impact du point de vue confort. Même par une belle journée ensoleillée, l'air du large toujours refroidie par cette eau froide nous force aux vêtements longs et chauds. Par temps couvert et pluvieux, c'est encore pire. Avec un système de chauffage à bord et des vêtements appropriés pour naviguer, nous n'avons pas souffert du froid et avons réussi à bien apprécier toute cette belle grande zone de navigation. Petit inconvénient additionnel, la condensation à l'intérieur du bateau qui nous a forcé à éliminer quelques zones de rangement dans les cales par exemple.
Dernier élément à considérer pour ceux, comme nous, qui dépassent Montréal sur la voie maritime: les écluses. Les navires marchands ont priorité, ce qui fait que selon l'achalandage, on peut devoir attendre pour passer ces mastodontes qui nous soulèvent de 45 pieds dans certains cas. Il y a beaucoup d'informations sur les pages web de la voie maritime, à consulter absolument pour connaître les procédures, coûts, horaires, etc.
Somme toute, le Saint-Laurent aura été le point d'exclamation final de notre aventure, une superbe conclusion qui a conservé et amplifié cet esprit de découverte et d'aventure jusqu'aux derniers moments.
Québec est un endroit bien spécial pour Denis et moi. Nous y avons fait nos études universitaires, tant de souvenirs et de bons moments. Cette fois-ci notre arrivée est encore plus spéciale car nous empruntons les mêmes chemins que les grands explorateurs d'autrefois pour s'y rendre. On admire du fleuve Saint-Laurent le majestueux Château Frontenac, bien assis au sommet de la falaise. Le port de Québec est bien occupé et les cargos fourmillent à plein. D'ailleurs nous en avons croisés de nombreux puisque nous suivons la route maritime qui s'est considérablement réduite depuis l'île au Coudre. C'est fascinant de s'apercevoir que ces immenses cargos, à part quelques exceptions, ne font pratiquement pas de vagues et ce même à 300 pieds de nous.
Les charmes du vieux Québec ne manquent pas avec ses nombreux sites historiques et son architecture de style Européenne. Nous déambulons au gré des ruelles avec les enfants. Les toits de cuivre, les églises et cathédrales, les remparts, les canons, et la vue spectaculaire de la terrasse Dufferine au pied du Château Frontenac nous enchantent toujours. Maxim-Émanuelle y est déjà venue pour son voyage de fin d'école primaire mais pour Tristan c'est pratiquement une première fois car il avait à peine quelques années à sa dernière visite. Il y a affluence sur la place Royale et au petit Champlain. Les amuseurs publics nous divertissent pour notre plus grand plaisir en acrobatie, jonglerie et en musique sans oublier les artistes peintres de la rue du Trésor. C'est une journée magnifique avec du soleil mur à mur et nous en profiterons à plein du matin jusqu'en soirée pour admirer les lumières de la ville. Nous sommes à la marina du vieux port, à deux pas du marché où nous nous laissons tenter par des produits locaux. Qui peut résister à cet étalage de beaux et bons produits frais. Pas nous!!!
Notre séjour ici sera plus court que prévu car la belle température n'y est plus du tout et tant qu'à attendre qu'elle revienne nous préférons nous déplacer vers Montréal. Pas une mauvaise idée car nous avons pu admirer les deux derniers spectacles de feux d'artifice en plus de revoir quelques amis. Nous avons été bien gâté. Merci pour votre temps précieux! De belles retrouvailles qui nous ont fait chaud au coeur. Et pour tous ceux que nous avons manqués, on se reprendra dès que possible.
C'est maintenant la parade des écluses, sept en tout. Plusieurs à 45 pieds en montant et souvent à l'épaule, jusqu'à quatre rangées. Plutôt achalandés car nous devons attendre qu'il n'y ait pas de cargos pour y accéder.
Nous continuons notre route. Dans quelques jours nous serons de retour à Kingston, le port d'attache de La Jeannoise. D'ici là nous profitons de chaque instant sur l'eau où on y est si bien. Ça semble irréel de penser que nous redeviendrons terriens sous peu. Au moment de publier ce blog, nous sommes arrivés dans les environs des mille Îles.
Les charmes du vieux Québec ne manquent pas avec ses nombreux sites historiques et son architecture de style Européenne. Nous déambulons au gré des ruelles avec les enfants. Les toits de cuivre, les églises et cathédrales, les remparts, les canons, et la vue spectaculaire de la terrasse Dufferine au pied du Château Frontenac nous enchantent toujours. Maxim-Émanuelle y est déjà venue pour son voyage de fin d'école primaire mais pour Tristan c'est pratiquement une première fois car il avait à peine quelques années à sa dernière visite. Il y a affluence sur la place Royale et au petit Champlain. Les amuseurs publics nous divertissent pour notre plus grand plaisir en acrobatie, jonglerie et en musique sans oublier les artistes peintres de la rue du Trésor. C'est une journée magnifique avec du soleil mur à mur et nous en profiterons à plein du matin jusqu'en soirée pour admirer les lumières de la ville. Nous sommes à la marina du vieux port, à deux pas du marché où nous nous laissons tenter par des produits locaux. Qui peut résister à cet étalage de beaux et bons produits frais. Pas nous!!!
Notre séjour ici sera plus court que prévu car la belle température n'y est plus du tout et tant qu'à attendre qu'elle revienne nous préférons nous déplacer vers Montréal. Pas une mauvaise idée car nous avons pu admirer les deux derniers spectacles de feux d'artifice en plus de revoir quelques amis. Nous avons été bien gâté. Merci pour votre temps précieux! De belles retrouvailles qui nous ont fait chaud au coeur. Et pour tous ceux que nous avons manqués, on se reprendra dès que possible.
C'est maintenant la parade des écluses, sept en tout. Plusieurs à 45 pieds en montant et souvent à l'épaule, jusqu'à quatre rangées. Plutôt achalandés car nous devons attendre qu'il n'y ait pas de cargos pour y accéder.Nous continuons notre route. Dans quelques jours nous serons de retour à Kingston, le port d'attache de La Jeannoise. D'ici là nous profitons de chaque instant sur l'eau où on y est si bien. Ça semble irréel de penser que nous redeviendrons terriens sous peu. Au moment de publier ce blog, nous sommes arrivés dans les environs des mille Îles.
La lueur du jour éclaire à peine l'horizon que nous naviguons déjà le long de la côte Gaspésienne. Il est presque 4:00 am et plus de 110 miles à faire pour nous rendre à Sainte-Anne des Monts. Le vent souffle fort à 30 noeuds et on file à vive allure. Pendant les 15 heures de navigation, les conditions sont instables et demandent de s'ajuster constamment passant de 30 noeuds a presque rien puis de nouveau à 30, du vent de travers ensuite dans le nez sans oublier le courant jusqu'à 4 noeuds par moments. Ha! ce golfe Saint-Laurent, il a du tempérament! Ce matin le vent est sud-ouest et provient de l'intérieur des terres tout en relief, un terrain propice aux variations. Nous n'avons donc pas de vagues ce qui est super mais ce n'est que rafales et bourrasques. On arise une fois, deux fois, trois fois avant d'être confortable. Les montagnes de la haute Gaspésie sont vraiment magnifiques et ressemblent beaucoup à la Dominique. Les vallées sont profondes et accueillent les villages au pied des montagnes. La route longe la côte et on peut apercevoir les véhicules qui y circulent. Les voitures nous dépassent, toutes! et oui on va pas vite en voilier mais c'est si beau! Le vent du sud nous apporte aussi un vent chaud, un vent torride synonyme de BIKINI. On sort nos bikinis du placard restés cachés depuis trop longtemps. C'est que depuis la côte-est américaine le vent en navigation est frisquet. Il fait toujours plus chaud sur terre que sur l'eau. Alors aujourd'hui on en profite, youpie! Sur pratiquement tous les plateaux de la côte il y a des éoliennes. Il y en a beaucoup, c'est même ici que se trouve la plus grande éolienne à axe vertical au monde. Ce n'est pas rien. On voit au loin, l'église aux deux clochers de Sainte-Anne des Monts, très visible. On s'amarre donc vers les 18:00 à la marina juste à temps pour déguster un autre bon repas de fruits de mer et ce soir ce sera dans le cockpit tant il fait chaud.
Partout dans la ville, des oeuvres de sculptures en bois flotté sont exposées. Un festival populaire attire des artistes de partout chaque année au mois d'août.
Les genoux font mal et les pieds sont douloureux. On est fatigué mais tellement enivré par tous les paysages grandioses de la journée. C'est une bonne fatigue, satisfaisante.
On reprend donc l'autobus pour un retour à Sainte-Anne des Monts. On arrête à la marina pour écouter quelques histoires de Jean-Pierre, un conteur hors pair, et finaliser notre séjour car demain, on se rend dans la baie de St-Pancrace, près de Baie-Comeau au nord du golfe.
Ce sera une navigation sous la bruine pour cette nuit jusqu'à Tadousac. Des petits rorquals nous accompagnent. La nuit est froide et longue. Heureusement que nous avons des vêtements appropriés qui nous gardent bien au sec et au chaud. Tadousac est à l'embouchure du fjord du Saguenay. C'est l'endroit le plus froid, brumeux et difficile du Saint-Laurent. Nous avançons lentement à voile car il faut bien choisir son heure d'arrivée en fonction des courants sinon ce ne sera pas de tout repos. On aperçoit des dauphins, rorquals et bélugas en chemin. Il y a en beaucoup dans cette région. Une fois à Tadousac on décide de continuer, d'entrer dans le fjord et de se rendre à l'anse Saint-Jean situé à une vingtaine de miles plus loin. Comme c'est beau un béluga! Très visibles, blanc éclatant et ils nagent en groupe. Certains sortent leur queue. Le paysage dans le fjord est majestueux.Que ce soit au sud ou au nord, les îles ont toujours ce petit cachet qui leur donne un attrait particulier pour les navigateurs que nous sommes. Les Îles de la Madeleine ne font pas exception, loin de là. La découverte des îles a été un coup de coeur. En plein centre du golfe Saint-Laurent, c'est le dépaysement total.
L'archipel compte douze îles dont six sont reliées par une mince bande de dunes de sable qui s'étirent à perte de vue. En voiture on explore donc de fond en comble les particularités des îles, une après l'autre. Le rouge des falaises sculptées, le vert des collines, le blond du sable et l'harmonie des maisons haut en couleur et en tradition donnent un effet spectaculaire et unique aux lieux. De plus, les gens ici ont l'air heureux et fiers de leur culture d'origine acadienne et insulaire. Leur parler aux intonations musicales est charmant. Ce sont des pêcheurs et des artisans incroyables. Sculpteurs, souffleurs de verre, artisans du sable, de bijoux d'art aux tendances maritimes, et autres. Toutes les boutiques, galeries et ateliers regorgent d'originalité et de beauté. De bien belles rencontres inspirantes avec les artistes et artisans madelinots.
Au Musée de la mer à Havre-Aubert on apprend beaucoup sur l'archipel, sa culture et son histoire. Une bonne introduction avant l'exploration. Dans le hall d'entrée est exposé un cachalot qui s'est échoué il y a quelques années. Pas évident de dépecer et remonter une si grosse bébête. On avait rencontré par hasard le responsable du projet à Chéticamp qui est également un artiste sculpteur de cuivre et d'os de cétacés. Ses oeuvres sont plus que magnifiques. De toute beauté!
| Qui sont ces martiens! |
En route, on passe devant l'îlot Corps Mort, un refuge pour les oiseaux et les phoques s'y prélassent au soleil. La forme de l'île est intéressante, elle rappelle un corps allongé et on voit très nettement les traits d'un visage et une chevelure noire. Les grandes baleines bleues sont très présentes dans les eaux froides. On a pu en admirer une bonne douzaine d'entre elles. Certaines passent près du bateau et nous surprennent par le son de leur souffle. Et dire qu'elles peuvent être plus grosses que notre bateau...!
L'île Bonnaventure et PercéAprès 24 heures de navigation, on pourrait s'attendre à un repos bien mérité. Mais non, lorsque Carole décide qu'on verra tout, on verra tout! On planifie donc une randonnée de 12 km sur l'île Bonnaventure suivit d'une visite du village de Percé et de son rocher légendaire. On est des mordus de sentiers et cette fois-ci ce n'est pas des points de vue panoramique qui nous attendent mais plutôt des oiseaux. Il y avait au moins une bonne centaine de milliers de fous
de Bassan au même endroit sans compter les bébés qui viennent de naître. Quelle chance! Ils sont vraiment trop mignons. Les falaises sont remplies à craquer. C'est très impressionnant de voir cette masse d'oiseaux qui piaillent à l'unisson en se balançant la tête de gauche à droite, en se faisant la cour à coup de bec, certains se chamaillent mais l'harmonie règne tout de même dans cette cohabitation étroite. Ils sont si près de nous à moins d'un mètre et ne semblent pas trop préoccupés par notre présence. Un terrain de jeu incroyable pour la photographie. Wow!
Juste en face de l'île Bonnaventure se trouve Percé. Alors on déplace le bateau de l'autre côté pour une visite de la ville mais surtout on admire le fameux rocher Percé, l'attraction la plus photographié au Canada. Le rocher est majestueux, encore plus imposant que ce que je croyais. Vraiment magnifique!
En fin de journée on décide d'aller à la marina de l'Anse à Beau-Fils à environ 4 miles pour y passer la nuit. Les gens y sont vraiment très accueillants. Plusieurs sont venus faire un brin de jasette, d'autres nous ont offert leur voiture pour le lendemain si nous en avions besoin. On en profite pour faire l'épicerie et le propane. Et comme l'Anse à Beau-Fils est réputé pour ses agates, on ratisse la plage à la recherche de ses pierres semi-précieuses qui complétera notre belle collection de souvenirs. On nous offre même du crabe des neiges. Vraiment très gentils. Et quel délice!
Rivière aux Renards
Nous avons passé la dernière nuit ici à l'ancre à Rivière aux Renards après une navigation de 7 heures dans le brouillard et le vent en plein dans le pif. Pas trop mal, le vent n'a pas dépassé 17 noeuds mais nous étions à peine à un quart de mille de la côte et on ne la voyait pas du tout. Vive le radar!
Aujourd'hui il fait beau mais le vent vient encore de la même direction, alors on passera une seconde nuit ici à Rivière aux Renards. Il y a près du quai, une poissonnerie ainsi qu'une "cabane à patate", alors petit festin de moule et frites pour le lunch. Wow, les papilles gustatives n'en reviennent pas!!!
Demain, longue navigation prévue jusqu'à Saint-Anne des Monts avec un bon vent de travers. Il y a aura bien sûr le courant, nous remontons maintenant le fleuve!
Les longues journées nous permettent de faire de grande distance de clarté. Nous avançons bien le long de la Nouvelle-Écosse. La côte Est entre Halifax et Canso s'appelle Sunrise Coast et au nord de la Nouvelle-Écosse c'est le Cap Breton. Après Halifax, nous avons passé deux nuits à Spanish Ship Bay pour laisser passer le mauvais temps. Ensuite ce fut notre première navigation dans le brouillard avec une visibilité au mieux de 500 pieds pendant presque toute la journée. Pas ce qui était prévu mais bon on fait avec. C'est comme naviguer de nuit sans lune et sans étoiles. Il faut se fier au radar et aux indicateurs sonores de bouées. Ce n'est qu'une fois entré dans le Canso Strait que le brouillard se dissipe enfin pour laisser place au ciel bleu. Derrière nous au large on aperçoit toujours une bande dense de brume.

Nous ferons un arrêt pour la nuit à l'île Macnamaras au Cap Breton. Le paysage à la tombée de la nuit était tout simplement grandiose et l'odeur des conifères embaumait l'air merveilleusement. On y serait bien resté plus longtemps mais nous voulons prendre la fenêtre météo pour les Îles de la Madeleine dans deux jours. L'écluse de Canso a été la plus facile que nous ayons faite, à peine 1 pied et demi de dénivellation. On ne sait même pas amarré, nous y étions seuls et on est resté sur place, au centre de l'écluse. De l'autre côté, c'est le Golfe du St-Laurent. Nous longeons la côte ouest du Cap Breton. C'est un vrai champs de mines de cassiers car c'est la saison de pêche du homard.


Une navigation de treize heures pour nous rendre à Chéticamp sur la côte ouest du Cap Breton. Cette partie de la Nouvelle-Écosse est très montagneuse et nous donne des panoramas magnifiques. D'ailleurs ces majestueuses montagnes provoquent un phénomène appelé "Les Suêtes". Les forts vents du sud-est s'intensifient d'une manière plutôt incroyable pouvant passer de 40m/h à 125m/h. Il faut bien choisir ses fenêtres météo pour venir ici. Dès notre arrivée dans la baie, nous avons été accueilli sur la VHF pour nous souhaiter la bienvenue et nous indiquer le meilleur endroit pour s'ancrer car ce soir c'est la fête du Canada. Musique traditionnelle et feux d'artifices sont à l'horaire et nous avons eu droit à une place de choix.


À quelques centaines de pieds du bateau, tout un troupeau de vaches se prélasse sur la plage à l'endroit exact où étaient les feux d'artifices hier soir. Tout une surprise à notre réveil. La journée s'annonce chaude. Youpie, on ouvre les fenêtres et on ferme le chauffage. C'est splendide! On fait quelques commissions en ville et on visite les alentours de ce joli village de pêcheurs acadiens. Les Chéticampains sont vraiment très accueillants et leur accent charmant. On termine donc notre visite de la Nouvelle-Écosse sur un paysage pittoresque tout en couleur et en beauté.

En route vers les îles de la Madeleine dès l'aurore. Le temps s'embellit et c'est maintenant du soleil mur à mur. On aperçoit au loin l'île d'Entrée avec ses falaises rouges, un paysage semblable aux îles des Antilles. L'île est recouverte de pâturages verdoyants. Que c'est beau! L'eau est de plus en plus verte à l'approche de notre destination. Nous mettons l'ancre à Havre-Aubert face à la plage et aux dunes de sable à perte de vue, c'est magnifique. À peine arrivée et nous sommes déjà sous le charme. Nous explorerons cet archipel de fond en comble dans les prochains jours. À suivre...
![]() |
| Arrivée à Chéticamp, Ile du Cap Breton |


Une navigation de treize heures pour nous rendre à Chéticamp sur la côte ouest du Cap Breton. Cette partie de la Nouvelle-Écosse est très montagneuse et nous donne des panoramas magnifiques. D'ailleurs ces majestueuses montagnes provoquent un phénomène appelé "Les Suêtes". Les forts vents du sud-est s'intensifient d'une manière plutôt incroyable pouvant passer de 40m/h à 125m/h. Il faut bien choisir ses fenêtres météo pour venir ici. Dès notre arrivée dans la baie, nous avons été accueilli sur la VHF pour nous souhaiter la bienvenue et nous indiquer le meilleur endroit pour s'ancrer car ce soir c'est la fête du Canada. Musique traditionnelle et feux d'artifices sont à l'horaire et nous avons eu droit à une place de choix.
À quelques centaines de pieds du bateau, tout un troupeau de vaches se prélasse sur la plage à l'endroit exact où étaient les feux d'artifices hier soir. Tout une surprise à notre réveil. La journée s'annonce chaude. Youpie, on ouvre les fenêtres et on ferme le chauffage. C'est splendide! On fait quelques commissions en ville et on visite les alentours de ce joli village de pêcheurs acadiens. Les Chéticampains sont vraiment très accueillants et leur accent charmant. On termine donc notre visite de la Nouvelle-Écosse sur un paysage pittoresque tout en couleur et en beauté.
Stamford, CT
La ville de Stamford, Connecticut ressemble à la ville de New York avec ses hauts buildings, son train et son centre-ville animé. Tout y est impeccable et esthétique. Même les boîtes électriques sont peintes de motifs variés pour embellir la ville. Des statues de dinosaures sont également positionnées à tous les coins de rue. Chacune représentant un personnage ou un thème particulier du genre samouraï, policier, musique, faune aquatique et ainsi de suite. Une idée originale. Notre arrêt ici a été profitable pour l'achat de guides nécessaire à la bonne continuité du voyage ainsi que de vêtements chauds surtout pour les enfants qui ont tellement grandi depuis le début de notre aventure. La baie de Stamford est immense, calme et bien protégée par des brises lames. On y dort bien.

Block Island, RI
Il n'y a pas une ride sur l'eau ce matin dans le Great Salt Pond où nous sommes ancrés. Tout juste un


peu de brouillard nous entoure et rend le paysage mystérieux. D'ailleurs on entend depuis notre arrivée un signal sonore de brume jour et nuit, une nouveauté pour nous. La journée s'annonce magnifique à Block Island. On part donc à la découverte en vélo de cette petite île en forme de
côtelette de porc, et oui. On la surnomme les Bermudes du Nord avec ses longues plages, ses nombreux sentiers et réserves naturelles. L'odeur du varek y est très présente et si caractéristique de la mer du nord. La ville de Old Harbor, la seule de l'île, est vraiment charmante et très animée.
L'architecture de style victorien de plusieurs bâtiments, les murets de pierre qui bornent les routes donnent une touche à l'île des plus intéressantes. On se laisse tenter par un copieux repas et quelques souvenirs puis c'est le retour au bateau. C'est vendredi et la baie s'est considérablement bien remplie car ici à Block Island les fins de semaine attirent de nombreux visiteurs. Plusieurs bateaux se mettent à l'épaule. On n'a pas vu ça depuis trois ans. Ça nous rappelle nos rencontres entre amis sur le lac Ontario.
Newport, RI
Wow! Quelle arrivée dans la capitale de la voile. C'est samedi et je crois bien qu'il y a en ce moment dans la baie de New Port au moins 1000 voiliers qui coursent et on est en plein dedans. Quels beaux bateaux, quelle vitesse! Beaucoup d'actions croyez-moi! On a des yeux tout le tour de la tête pour surveiller le trafic et admirer les spectacles des différentes catégories de bateaux. Les plus impressionnants sont les catamarans qui filent à vive allure sur une pantoune. Ils nous dépassent, nous croisent et même nous sifflent pour qu'on les évite. Maxim-Émanuelle et Tristan les ont trouvés super et auraient bien aimer en essayer un, moi aussi. Les 12 mètres sont également magnifiques. À l'entrée de la baie et en bordure des falaises se trouvent des clubs privés de voile de grandes envergures avec des bâtiments impressionnants devant lesquels s'alignent des dizaines et des dizaines de chaises pour les spectateurs. Jadis ces spectateurs pouvaient suivre l'arrivée de la coupe América de très près comme dans le film Wind pour ceux et celles qui l'ont vu. Il fait vraiment très beau aujourd'hui et on part explorer la ville qui est magnifique et très animée.
Block Island, RI
Il n'y a pas une ride sur l'eau ce matin dans le Great Salt Pond où nous sommes ancrés. Tout juste un
Newport, RI





